En mars 2019, à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la francophonie, L’Union a organisé à Paris, avec le soutien de la DGLFLF Ministère de la Culture et du Ministère de l’Europe et des Affaires Estrangères, un événement dédié́ aux Jeunes Talents de la Publicité. 22 publicitaires de moins de 30 ans, issus de 11 pays différents, se sont retrouvés pour élaborer des campagnes de sensibilisation contre les infox (terme français pour les fake news).

Depuis, plusieurs concours ont été lancés dans le monde francophone sur le thème du réchauffement climatique et en avril 2020, le Défi Stop aux Infox Covid-19 à virtuellement rassemblé près de 100 candidats.

Pourquoi cette explosion des infox ?

Les rumeurs ne sont pas un phénomène nouveau. Ce qui a changé, c’est l’incroyable amplification de leur résonnance médiatique générée par l’essor des moyens de communication numériques. Ainsi, près des 3/4 des Français pensent avoir déjà été confrontés aux fake news dont 23% qui déclarent avoir déjà été induits en erreur par ces informations (1).

Toute personne devient donc un potentiel vecteur d’information, dans un contexte marqué par l’immédiateté et la recherche de sensationnalisme. Les polémiques se multiplient, quels que soient les sujets, jouant notamment sur les émotions. Inquiétude, peur, révolte, surprise… autant de leviers qui favorisent la propagation de contenus fallacieux.

En effet, les créateurs d’infox utilisent ce nouvel effet de masse pour exploiter les failles d’un système où les acteurs n’ont pas encore tous adopté le sens critique de rigueur. La conséquence directe est la propagation de nombreuses informations erronées, avec bien souvent comme objectif la manipulation de l’opinion publique par leurs protagonistes.

Attention danger !

Trois Français sur dix reconnaissent relayer des infox et ceux qui s’informent principalement via les réseaux sociaux sont presque un sur deux (45%) (2).

Avec pour effet de nuire à la crédibilité de l’information, mais aussi de mettre en péril individus, entreprises et institutions. Certaines campagnes puissantes de désinformation sont à même de fragiliser encore plus la confiance des populations envers ceux qui les dirigent et favorisent la multiplication des théories du complot. La crise sanitaire liée au Covid-19 a été particulièrement touchée par cette épidémie de fausses informations qualifiée d’infodémie par l’OMS..

Info ou infox ?

Une infox n’est pas toujours entièrement fausse. Elle se base parfois sur des informations réelles mélangées à des éléments déformés voire faux. Elle s’appuie souvent sur une personne « référente » (famille, entourage… qui connait quelqu’un bien placé qui…). C’est pourquoi elle est particulièrement difficile à détecter. Il est donc indispensable de sensibiliser les esprits à la nécessité de décoder une infox et à les aider à distinguer le vrai du faux. Si chacun partageait l’information avec éthique et justesse, en veillant à sa véracité et en vérifiant sa source, le phénomène des infox n’aurait pas la même ampleur, ni les conséquences que nous lui connaissons.

Les bons réflexes à avoir :

  • Consulter les outils de vérification de l’information (fact checking) développés par les médias (voir schéma ci-dessous reprenant les principaux).
  • Se rappeler que ce n’est pas parce que c’est sur Internet ou dans les médias que c’est vrai.
  • Avoir du recul, prendre le temps de lire, analyser l’information et ne pas réagir à chaud.
  • Vérifier les sources avant de partager. Cette source est-elle fiable ? crédible ?
  • Chercher d’autres sources, d’autres articles, d’autres images sur le même sujet. Si les informations se recoupent, le contenu a des chances d’être vrai, sinon, il est sûrement faux.

(1) Source : étude BVA https://www.bva-group.com/sondages/francais-fake-news-2/

(2) Source : sondage Odoxa Dentsu-Consulting pour France Info et Le Figaro http://www.odoxa.fr/sondage/francais-disent-stop-aux-fake-news/